note: English version after this onePendant presque 30 ans, Randy Newman a, bien sûr, compose de la musique de films, plus notablement pour Disney— qui n’est pas vraiment un sanctuaire pour cyniques et sociopathes. Mais de temps en temps, une ancienne muse ramène Newman dans un studio pour expulser sa propre fureur. Gavé déclare-t-il de l’administration courante, de la guerre d’Irak et de la triste réponse faite à l’ouragan Katrina, Newman a composé “Few Words” presque en dépit de lui-même. L’artiste s’entretient avec le journaliste Brian Braiker pour NEWSWEEK. Extraits: NEWSWEEK - Désolé de vous arracher de votre piano.Randy Newman: Pouah. Je suis heureux d’être arraché.
NEWSWEEK-Je lisais le journal l’autre jour dans le métro et je tombe sur les paroles de votre nouvelle chanson dans un article. Une surprise complète.Randy Newman:Ouais, une version légèrement expurgée.
NEWSWEEK- Le vers sur la Cour Suprême a été effectivement supprimé. Ont-ils dit pourquoi? Randy Newman: J’arrive à en comprendre la raison. C’est un genre de jargon habituel. Et le vers à propos de César [a été supprimé], le fait qu’il couchait avec sa soeur. J’ignore ce qu’ils craignaient à propos de Caligula et Tiberius.
NEWSWEEK- Epoque litigieuse que celle dans laquelle nous vivons.Randy Newman: On ne sait jamais: la famille du vieux Tiberius pourrait les attaquer.
NEWSWEEK - Apparemment, c’est une satire et vous êtes connu comme satiriste. Mais quelquefois les gens ne comprennent pas— l'Etat du Maryland, à une époque, a introduit une legislation pour interdire “Short People” de diffusion radio.Randy Newman: Et sitôt qu’il sont pu arrêter de diffuser le morceau ils l’ont fait. C'était un énorme succès. Mais sitôt que la radio a reçu une plainte à Boston, le morceau a disparu. Il a purement et simplement disparu.
NEWSWEEK - Pour l’histoire je mesure 6 pieds 3 pouces.Randy Newman: Oh mon Dieu, que risquons-nous alors? Cela me surprend encore aujourd’hui. La plupart des gens ont compris que personne n’était aussi fou.
NEWSWEEK- Est-ce que parfois vous vous dites en remuant la tête: “Pourquoi me faire de la bile?”Randy Newman: Non, jamais car j’ai choisi ce style. Parfois cela me place un peu dans une boîte parce que j’écris de cette manière de façon naturelle. Je suis heureux d’avoir les films pour pouvoir écrire une chanson d’amour directe ou une quelconque affirmation émotionelle directe. Il est difficile pour moi d’écrire cela car si j’écris : “You’ve Got a Friend” je sonne comme un vendeur de voitures d’occasion. Je suis ravi d’avoir Disney pour me permettre d’écrire de façon normale.
NEWSWEEK- Quelques uns de vos meilleurs narrateurs sont complètement taré. Est-ce une bonne thérapie?Randy Newman: Non, ça m’intéresse vraiment. La plupart des narrateurs de mes chansons en savent moins sur eux-mêmes que nous pouvons le découvrir. J’aime simplement ce genre d’ambiguité.
NEWSWEEK - Il est intéressant que vous mentionniez votre collaboration avec Disney— cela semble presque dingue. J’ai lu une description de vous débarquant sur la scène pop à la fin des années 60 où l’on vous comparait à un clown psychotique débarquant dans un goûter d’anniversaire d’enfant.Randy Newman: Ouais, mais musicalement, je n’ai jamais vraiment été Captain Beefheart. Comment faire pour être satyrique avec la musique? Weill l’a fait. Je l’ai fait ici ou là. Fondamentalement, je peux écrire de la musique émotionnelle pour moi-même. Et je le fais.
NEWSWEEK - Vous écrivez de la musique de films depuis presque 30 ans maintenant. Vous n’avez jamais eu a freiner vos intincts?Randy Newman: Si vous composez pour une scène où le héros roule sur l’autoroute et tamponnent d’autre véhicules et voient des choses qui l’effraient, j’écris de la musique qui donne des frissons. Je fais tout ce qu’il faut pour servir l’image. Je ne suis pas intéressé pour écrire la 10ème symphonie de Bruckner, même si je le pouvais. Je suis interessé pour écrire ce qui est le mieux pour le film. Cela peut sembler un peu trop noble, mais c’est exactement la manière dont je vois le boulot.
NEWSWEEK - Alors qu’est-ce qui, à cette heure, vous a poussé à écrire cette chanson?Randy Newman: C’est la genre d’administration la plus tapageuse et le genre d’incompétence le plus tapageur dont j’ai pu être témoin dans mon existence. Au moins, Nixon connaissait les règles et ensuite il les a enfreint. Mais jeter des gens en prison et ne pas les laisser vois des avocats ou les informer sur les charges retenues contre eux? Peut-être ont-ils toujours esquivé avec les règles et ce depuis Kennedy. Mais ils l’ont admis la plupart du temps. Ici, c'est vraiment bizarre, la certitude, la manière dont Cheney, Bush et Rumsfeld ont agi, nous n’avons jamais vu une chose comme ça. C’est presque en dépit de moi-même que j’ai écrit quelque chose. C’est une telle aberration. Il vont quitter leur poste et je ne pense pas que nous revivrons une chose aussi moche que celle-là.
NEWSWEEK- Vous ne nommez personne dans la chanson?Randy Newman: D’une certaine façon, celle-ci est différente de beaucoup de mes chansons dans le sens où la vérité est que, d'après les sondages effectués, les gens détestent l’Amérique aujourd’hui dans le plupart des pays du monde, excepté dans les Philippines. Les gens ne sont pas mauvais ni méchants. C’est un truisme mais il est Presque nécessaire de le dire. J’ai vu “Borat” et c’est un film très drôle. Mais en sortant de là je me suis dit combien les américains étaient gentils et combien il aurait été difficile de faire ce genre partout ailleurs dans les pays que j’avais visité. Et j’en ai visité beaucoup. Dans quell autre pays auriez-vous pu faire le genre de choses qu’il a faites? Le film a peut-être faire mourir de rire en Angleterre, mais le réalisateur n’aurait jamais pu le tourner là-bas.
NEWSWEEK - Vous semblez plus en colère que jamais. Randy Newman:Je le suis vraiment. A cause de Katrina, de toute l’affaire. Aujourd’hui, il parle d’être “le décideur”. Je me suis presque fait une règle de ne jamais écouter les acteurs ou les artistes lorqu’ils s’étendent en parlottes, mais ici cela te bouscule encore un peu plus. Soit je me fais vieux ou soit on vit une situation vraiment étrange.
NEWSWEEK - Est-ce que certaines personnes vous ont dit que vous n’aviez pas le droit d’écrire cette chanson ou vous ont conseillé de ne pas le faire?Randy Newman: Personne ne m’a jamais dit cela. Les réalisateurs de films vous disent des trucs comme ça, mais c’est leur film, c’est leur choix.
NEWSWEEK- Eh bien, les Dixie Chicks sont connues pour avoir subi tout un tas de problèmes à cause de leur opinion et c’était pourtant il y a deux ans.Randy Newman: C’est plus dur pour elles. Elles ont beaucoup de gros succès et ce sont des artistes country. C’est une affaire différente. Il leur faut plus de courage pour faire une chose pareille. Moi, je peux faire ce que je veux. Je n’aurais certes pas pu écrire une chanson juste après l’attentat du 11 septembre qui demanderait: “Pourquoi ont-ils fait ça ?” Au début, vous étiez peiné de combien c’était terrible. Après ça, il y eut un léger abrègement de la liberté de paroles. Autrement, dans ce pays, nous avons led roit de tout dire.
NEWSWEEK - Vous avez mentionné Katrina. “Louisiana 1927” a eu droit à une nouvelle vie à cause de sa pertinence renouvelée.Randy Newman: Ouais, malheureusement. C’était un genre different de déluge, mais le même genre de désastre. Un des grands évenements de l’histoire américaine— des millions de gens ont migrés du Mississippi, les champs de coton ont été inondés et l’industrie s’est écroulée. Je savais qu’ils ne viendraient pas tout de suite pour réparer la neuvième circonscription et que tout serait lent. D’abord, la ville elle-même n'a jamais rien su réparer — ce n’est pas leur fort. Ma famille là-bas, si elle veut réparer sa voiture, il lui faut aller dans le Mississippi pour le faire. Et les pots de vin, ça a toujours amusé les gens. Sauf, qu'aujourd’hui ça fait mal.
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english version
For nearly 30 years, of course, Newman has been scoring films, most notably for Disney—hardly a sanctuary for cynics and sociopaths. But every once in a while an ancient muse prods Newman back into the studio for himself: fury. Fed up, he says, with the current administration, the war in Iraq and the sad response to Hurricane Katrina, Newman wrote “Few Words” almost in spite of himself. On Tuesday the song hit iTunes, followed Wednesday by the arrival of a typically low-key video on YouTube. On Thursday he spoke with NEWSWEEK’s Brian Braiker. Excerpts:
NEWSWEEK: Sorry to tear you away from your piano.Randy Newman: Ugh. I’m happy to be torn away.
I was reading the paper on the subway the other day and there were the lyrics to your new song as an op-ed piece. A complete surprise.Yeah, a slightly expurgated version.
The Supreme Court verse came out. Did they say why?I can understand it. It’s a pretty casual kind of jargon. And the line about the Caesars [came out], about sleeping with his sister. I don’t know why they’re worried about Caligula and Tiberius.
Very litigious times we live in.You never know: the old Tiberius family might hit ‘em.
Obviously it’s satire and you’ve been known as a satirist. But sometimes people just don’t get it—Maryland at one point introduced legislation to ban “Short People” from the radio.And as quickly as they could stop playing it they did. It was a big hit. But as quickly as radio got one complaint in Boston, it was gone. It just disappeared.
For the record, I’m 6 feet 3.Oh good. What do we care, then? It’s still surprising to me. Most people understood that no one’s that insane.
Do you ever shake your head and ask, “Why do I even bother?”No, I don’t because I chose that style. Sometimes it puts me in a bit of a box because I just write that way naturally. I’m glad I have the movies so I can do a direct love song or some kind of direct emotional statement. It’s hard for me to write it because if I wrote “You’ve Got a Friend,” I’d sound like a used-car salesman. I’m glad to have Disney to allow me to write straight.
Some of your best narrators are completely nuts. Is this good therapy?No, it interests me. Most of the narrators of my songs know less about themselves than we can ascertain. I just like that kind of ambiguity.
Interesting you mention your pairing with Disney—it seems almost crazy. I’ve read a comparison of you showing up on the pop scene in the late ‘60s to a psychotic clown showing up at a child’s birthday party.Yeah, but musically I’ve never been Captain Beefheart particularly. How are you going to be satirical with music? Kurt Weill did it. I’ve done it here and there. Basically I can write emotional music for myself, and do.
You’ve been scoring films for almost 30 years now. So you never find yourself having to curb your instincts?If you’re scoring a scene where he’s riding down the highway and he’s crashing into things and he sees stuff that scares him, I write the spook music. I do whatever I can do to serve the picture. I’m not interested in writing Bruckner’s 10th symphony, even if I could. I’m interested in doing what’s best for the picture. It sounds a little too noble, but that’s exactly the way I look at the job.
So what prompted this song, then, at this time?It’s the noisiest kind of administration and the noisiest kind of incompetence I’ve seen in my lifetime. At least Nixon knew the rules and then broke them. But putting someone in prison and not letting them see a lawyer or know what they’re charged with? Maybe they’ve snuck it all along, Kennedy on down. But they’ve actually admitted it, with [U.S. Attorney General Alberto] Gonzales up there saying this is higgledy-piggledy-ing about big giant American things that we are proud of. It’s really odd, the certitude, the way Cheney, Bush and Rumsfeld acted, we’ve never seen anything like this. Against my will almost I wrote something. This is an aberration. They’ll be gone and I don’t think we’ll have anything this bad again.
You don’t name any names in the song?In a way it’s different from a lot of my songs in that the truth of it is that people do hate America now in most countries of the world, polls say, except in the Philippines. The people aren’t bad and they aren’t mean. It’s a truism but it almost needs saying. I saw “Borat” and it’s a funny picture. But what I came out thinking was how nice Americans are and how it would have been impossible to do that in any other country I’ve ever been in, and I’ve been in a lot of them. Where else could you have done some of the stuff he did? It would have killed in Britain but he never would have been able to do it there.
You sound angrier than you ever have.I really am. Katrina, the whole thing. Now he’s talking about being “the decider.” I almost made it a policy of not listening to actors or performers when they go on at length, but this pushes you a little. Either I’m getting old or this is really an odd situation.
Do you have people telling you that you can’t write this song or you shouldn’t be doing this?No one’s ever told me that. Movie directors tell you stuff like that, but it’s their movie, it’s their choice.
Well, the Dixie Chicks famously ran into a lot of trouble and that was a couple years ago even.It’s harder for them. They had big hits and were country artists. It’s a different matter. It takes more courage for them to do something like that. I can do whatever I want. I couldn’t have written a song right after 9/11 that asked, “Why did they do it.” Mainly, you were sorrowing about how awful it was. After that there was a slight abridgment of freedom of speech. Otherwise in this country, we’ve got it.
You mentioned Katrina. “Louisiana 1927” has had a whole new life because of its renewed relevance.Unfortunately, yeah. That was a different kind of flood, but the same kind of disaster. One of the big events of American history—millions of people migrated out of Mississippi, cottonfields got flooded and the industry fell out. I knew they wouldn’t go right in there and fix the Ninth Ward and everything would be slow. For one thing the town is not good at fixing things—it’s not what they do. My family down there, if they ever wanted to get their car fixed, they would have to go to Mississippi to do it. And the graft has always been amusing to people. But now it hurts.
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