CAJT-Collectif des Amis de James Taylor
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DON GROLNICK - Hommage de ses Amis et Pairs

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1 DON GROLNICK - Hommage de ses Amis et Pairs le Ven 02 Mar 2007, 10:41 am

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DON GROLNICK - HOMMAGE (Mai 1998)

DATE DE NAISSANCE: 23 septembre 1947 (à Levittown, LI, USA).
DATE DE DECES: 01 juin 1996 (à New York, USA)



TITRE ORIGINAL: Don Grolnick Time/Line
AUTEUR: Andy LaVerne
TRAD et MISE EN PAGE: Samuel Légitimus
SOURCE: Keyboard Magazine
DATE: Mai 1998


James Taylor hésite — vous savez bien, Sweet Baby James, JT, Fire and Rain — tandis qu’il se rappelle la foule lors du mémorial à son ami intime, collaborateur et pianiste de prédilection, le regretté Don Grolnick. "Des centaines de personnes étaient là. Elles étaient complètement abasourdies par la perspective peu imaginable d’une vie sans Don sur cette terre." finit-il par lâcher, peu préparé lui-même à accepter le fait. "Il n’avait pas des amis de passages ou des relations. Les gens qui le connaissaient l’aimaient férocement. Son départ représente simplement une perte terrible."


Ces sentiments sont répercutés à travers l’ensemble de l’industrie musicale. La contribution de Don Grolnick au monde de la musique était substantielle, même si son nom n’était pas de ceux qui les aficionados de jazz connaissent en général. Voici une biographie d’un Grolnick pour ainsi dire à multi-facettes, racontée par ses amis musicaux et associés les plus proches. Ceci constitue en fait une chronologie, mais également un portrait musical se concentrant sur des atouts extraordinaires de Don: son temps et ses lignes.

Cela va faire bientôt deux ans que le monde à perdu Don - qui était âgé de 48 ans - des suites de complications d’un lymphatisme. Musicien d’une profonde influence et dont la racine musicale plonge profond dans le jazz, mais dont l’ouverture d’esprit et la flexibilité lui a permis d’embrasser la pop, la soul, R&B, et la musique latine, Grolnick améliora le travail de quelques uns des plus grands talents mondiaux grâce à ses extraordinaires talents de pianiste, de compositeur, d’arrangeur et de producteur : James Taylor, Linda Ronstadt, Bette Midler, Carly Simon, Aaron Neville, Roberta Flack, George Benson, Bonnie Raitt, Paul Simon, the Brecker Brothers, Steely Dan, Phoebe Snow, John Scofield, Bob Berg, Luther Vandross, Yoko Ono, Peter Erskine, James Brown, Steve Kahn—tous connurent et aimèrent Don et sa musique.

Don grandit à Levittown, NY, et à la fin des années 50, il tomba amoureux du jazz swinguant et fringuant de Count Basie. Durant de son adolescence Don écouta avec intensité le blues, le R&B, le bebop et le post bop. Et bien que son premier instrument fut l’accordéon, il le troqua bientôt pour le piano.

Don s’inscrivit en tant qu’étudiant en philosophie à la Tufts University. Mais la musique devint une véritable obsession, et il ne termina jamais ses études. Un moment-clé dans sa décision de se consacrer à une carrière musicale survint lors du Notre Dame Jazz Festival de 1967 au cours duquel Don remporta le concours de piano, et - présageant peut-être leur futures collaborations - Michael Brecker celui de saxophone.

Don déménagea à New York en 1970 et devint actif dans un groupe baptisé Free Life Communication, une association de musiciens créatifs. C’est à travers Free Life qu’il renoua avec Michael Brecker et auditionna bientôt pour Dreams, un groupe précurseur de jazz fusion.

Don en compagnie de Steve Khan et Steve Gadd

Le Guitariste Steve Khan, membre de Dreams - en compagnie de Michael et Randy Brecker et du bassiste Will Lee - se souvient que : "Chacun pouvait se rendre compte du musicien fantastique et généreux que Don était. De combien son tempo était bon. De combien il était un accompagnateur vraiment magnifique. Sans parler de sa qualité très musicale de soliste."

Don Grolnick, Steve Khan, Steve Gadd, Will Lee, and Michael Brecker

Dreams se transforma finalement en Brecker Brothers Band, groupe qui acquit un statut légendaire parmi les jeunes musiciens de jazz. "Nous allions tous ensemble chez Don sur Carmine Street et nous jouions" se souvient Khan. " La manière dont il jouait et composait en faisait la pièce maîtresse du groupe."

"Il arrivait également avec des idées géniales autant du point de vue production que de celui des arrangements des morceaux" commente Randy Brecker. " Mais Don ne s’est jamais trop impliqué dans la technologie. Ce qu’il aimait avant tout c’est jouer du piano acoustique et des Fender Rhodes. Souvent, il commandait tout un tas de trucs. Et il finissait par les vendre avant de les avoir déballé. De nombreux pianos électriques, des séquenceurs, des trucs comme ça. C’est devenu une plaisanterie courante entre nous."

En 1973, il entama ce qui allait devenir une de ses associations musicales les plus longues et les plus importantes. "Don et moi nous sommes connus à travers David Spinozza" se souvient James Taylor. "David a demandé à Don de venir jouer sur mon album. Ce fut une connexion musicale et personnelle. Je fus aussitôt impressionné par son jeu. Et j’aimais également traîner avec lui."

Don jouait alors avec les Brecker Brothers. Et entre les concerts, les enregistrements et les réunions amicales, son humour légendaire brillait de tout son éclat. "Ce qui m’a toujours frappé et beaucoup fait rire” se rappelle Steve Khan, "c’est combien Don pouvait se montrer troublé - d’une façon bon enfant toutefois - par les façons différentes qu’avaient les gens de massacrer son nom. David Spinozza avait l’habitude de l’appeler Don Gorilla-neck. Chris Parker, quant à lui, l’appelait Don Grown-up. Ralph McDonald n’arrivait pas à prononcer son nom correctement, alors il l’appelait Gronig. Il y avait une française, qui est venu le voir dans la 7ème Avenue South [un club New Yorkais appartenant aux Brecker Brothers], elle lui a serré la main et a dit: « Je suis enchantée de rencontrer le très célèbre Dominique Groleen. » Mais notre anecdote favorite est survenue lors du Yoko Ono Tour. Nous étions en tournée au Japon. Nous nous trouvions à la réception d’un hôtel. Nous avons inspecté la liste des chambres. C’est alors que nous avons vu ce nom unique. Je jure devant Dieu qui c’est la vérité : il était écris: Grp;mocl. Nous avons bien regardé ce nom et nous avons tous conclu: « Ce doit être toi, Don !' Il a balancé ses mains en l’air et nous a répondu : 'C’est bon, j’en ai plein le dos!' Des années plus tard, Mike Brecker nous a confié que la réponse lui est venu sous la douche un beau matin. Il a réalisé qu’en allant à la machine à écrire, quelle que soir la personne qui avait tapé le nom, celle-ci avait la main droite décalée d’une touche sur la droite. Mike est vraiment un génie pour élucider ce genre de choses.”

James Taylor se rappelle de la philosophie de Grolnick: "Lorsqu’on parlait des gens qui menaient une existence au bord du précipice. Don disait: 'Tu sais, moi je ne vis pas vraiment au bord. Il y a le bord. Et il y a les maisons qui se trouvent juste au bord. Et puis, il y a la rue qui dessert ces maisons. Et puis de l’autre côté de la rue, il y a une autre rangée de maisons. C’est là que je vis.' "

l'album "Flag"de James Taylor- 1979. Les musiciens: Kootch, Grolnick, Russ Kunkel & Lee Sklar

MILLWORKER - James Taylor Live at the Blossom Center 1979
http://www.youtube.com/watch?v=fXao04yBJ9I

Le prochain jalon musical, pour Don fut, la formation en 1979 de Steps Ahead, qui, selon Michael Brecker "débuta en tant que groupe accompagnant un concert de Mike Mainieri au 7th Avenue South. Don a énormément contribué au groupe en amenant tout un tas de compositions personnelle. C’était un groupe de jazz acoustique. C’était un vrai soulagement pour nous de pouvoir jouer de manière acoustique."


Don resta trois années avec Steps. A la suite de quoi, il retrouva James Taylor. "Nous nous sommes retrouvés en 1981" déclare Taylor."Et depuis lors, nous ne nous sommes, pour ainsi dire plus quitté. Pendant les douze dernières années, nous avons travaillé ensemble pratiquement non-stop. Il a produit quatre de mes albums. Je dirais que Don était mon collaborateur musical. Nous avons arrangé et composé quelques cinquante chansons ensemble. Et il était en quelque sorte le directeur musical du groupe avec lequel je travaillais. La plupart des morceaux que Don et moi avons écrit ensemble, il me fallait les retranscrire à la guitare. Je les lui jouais. Puis, nous les transcrivions sur papier. Nous en faisions une version piano et guitare.Et à partir de là, nous les apportions aux membres du groupe et nous travaillions alors tous ensemble les arrangements."


duo Taylor Grolnick sur "Sweet Baby James" (Jay Leno Show)
http://www.olsonguitars.com/videos/jtsbj.wmv


Michael Brecker a également composé avec Don. "J’adorais collaborer avec lui." dit-il. "Il prenait les morceaux que je n’arrivais pas à finir et il revenait avec des idées auxquels je n’aurais jamais rêvé. J’adorais observer le processus. J’étais abasourtdi. J’avais par exemple une section A avec une fin. Mais il me manquait une bonne section B, une section de transition ou un refrain entraînant. Le morceau avait besoin de quelque chose que je n’arrivais pas à trouver. Il s’asseyait au piano pendant 5 ou 10 minutes afin de visualiser en quelque sorte le morceau. Et moi, je me contentais de rester là à le regarder faire. Ses doigts se trouvait sur les touches mais il ne jouait pas. Il se contentait d’écouter. Puis il se mettait à jouer. Et c’était toujours quelque idée géniale. Il y avait un instant passionnant de tension qui durait quelques minutes. J’adorais ça. J’avais toujours hâte de voir ce qui allait en sortir."


Pour James Taylor, Don était "une personne merveilleuse avec qui travailler. Il prêtait une énorme attention à ce que j’essayais de faire. Il était très protecteur quant aux compositions. Il ne voulait pas les voir s’élancer dans quelque direction contraires à ce que j’avais en tête. J’ai toujours pensé que le travail de Don avec moi était quelque chose qui l’intéressait. Mais, d’une certaine mesure, c’était un sacrifice pour lui de travailler sur la musique d’un autre. J’étais toujours conscient de cela. Toutefois, la position n’était trop inconfortable. Il y avait dans notre collaboration un élément de « concert de journée ». Je le considérais toujours comme un égal. J’étais très reconnaissant pour cet apport d’attention que j’exigeais depuis si longtemps. Ce fut, dans mon cas, un coup de chance incroyable. Je le considérais comme mon ami le plus proche. Il serait impossible de séparer la musique de la relation.


"Mais c’était également un homme sérieux" poursuit Taylor."C’était un miracle d’auto-examination. Il a lutté afin d’améliorer sa vie de la manière la plus sincère qui soit et pour les raisons les plus sérieuses. Je le considérais comme la personne spirituellement la plus élevée que j’ai jamais connue. Je le voyais également comme un homme solitaire, isolé et détaché de la plus impossible des manières, et qui a pourtant réussi dans sa vie à en arriver au point de tomber réellement amoureux d’un autre être humain: Jeanne O'Connor
."




La chanteuse et journaliste Jeanne O'Connor Grolnick (voir son site http://jeanneoconnor.net/ ) parle d’une façon éloquente de son regretté mari, qui avait 41 ans lorsqu’ils se sont rencontrés. "Il pensait toujours à la musique." Dit-elle. "Il éprouvait un grand besoin de solitude et de calme. Il était à la recherche de périodes ininterrompues de temps durant lesquelles il pourrait pénétrer dans une pièce, refermer la porte et écouter ce qu’il avait à l’intérieur de la tête. Ou juste laisser germer un peu les idées. Je sais qu’il avait toujours des fragments de morceaux qui lui tournaient dans la tête. Et parfois ces fragments se présentaient après un an ou quelque chose comme ça. Et finalement il les rassemblait. C’était un grand lecteur. Il lisait de tout. Il s’intéressait énormément à la philosophie Zen, à la philosophie tout court, à la littérature. De même qu’à l’art visuel."

Ce mélange de sensibilités musicales et intellectuelles firent de Don un producteur efficace et recherché. "Il avait une attention pour le détail et l’oeil pour l’image d’ensemble. Ce qui est un don rare" confie Michael Brecker, pour lequel Don a produit 3 albums.

1986 - premier album solo de Michael Brecker produit par son pote Grolnick

"Il avait une façon d’arrondir les angles très aigus. Et il m’arrivait d’hérisser certains de ses angles arrondis. Je m’appuyais totalement sur lui et sur son oreille. Je désirais avoir son talent au tant que producteur dans la cabine de contrôle. Et je désirais ses opinions, son oreille, ses compositions. Don adorait produire. Il se plongeait dans la tâche. C’était un vrai solutionnneur de problèmes. Il devint un vrai adepte du studio. En particulier lorsqu’il produisit James Taylor." Peter Erskine le confirme en déclarant: "D’une façon ou d’une autre, sa sagesse, son expérience, son sens de la justesse musicale et son calme arrivait à toucher une pièce entière remplie de musiciens. Qu’il soit en train de jouer, de produire ou simplement d’être dans les parages. Je disais souvent que Don valait son poids en or dans le studio. Son jugement en toutes choses était, si j'ose dire, équivalent à celui de Salomon."

A SUIVRE....

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CC nous offre un extrait du sublime concert de 47 MINUTES à télécharger avec les deux amis (réuni à présent pour l'éternité) Don Grolnick et Michael Breker:

Musique dirigée par Don Grolnick

select from Live Saxophone Workshop

"LIVE UNDER THE SKY" au Yomiuri-Land Theatre East, Tokyo, Japon, 30 & 31 juillet 1988

The Four Sleepers (mpg movie 46 mb)
http://www.septembergrass.net/media/Don_Grolnick_japan_1989.mpg


Don Grolnick: Piano, Directeur musical
Michael Brecker: Tenor Sax
Stanley Turrentine: Tenor Sax
Bill Evans: Tenor Sax, Soprano Sax
Ernie Watts: Tenor Sax, Alto Sax
Yoshio Suzuki: Bass
Adam Nussbaum: Drums



Dernière édition par le Ven 06 Juil 2007, 10:10 am, édité 24 fois


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2 SUITE le Ven 02 Mar 2007, 10:42 am

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...SUITE ET FIN



Au cours de toutes ses activités, Don trouva malgré tout l’énergie d’organiser et produire quatre albums en son nom.

voir sa discographie personnelle:

http://www.artistdirect.com/nad/music/artist/card/0,,438876,00.html

ses participations discographiques:

http://www.artistdirect.com/nad/music/artist/appears/0,,438876,00.html#more



"Don a adore enregistrer Weaver of Dreams" se souvient Michael Brecker. "Cet album fut une vraie joie à enregistrer. C’est tellement rare. Enregistrer peut parfois être épuisant pour les nerfs. Don était vraiment détendu. Il arrivait toujours parfaitement préparé. Mais il pouvait aussi se montrer relâché avec les morceaux. Sa joie était communicative."

De même pour son style de jeu. Brecker déclare: "Don n’était pas le genre de pianiste qui s’asseyait et faisait des gammes. Je sais qu’il a essayé à différents moments de sa vie. Je me souviens qu’il avait pris une fois de longues vacances en été uniquement pour pouvoir pratiquer. Et il a pratiqué, quelques gammes et des exercices. Mais au fond, il pensait qu’à un certain stade, cela abîmait son jeu. C’était vraiment un musicien spontané."



Clifford Carter, qui, à la requête de Don, rejoignit James Taylor en tant que second pianiste, passa beaucoup de temps à étudier le jeu de Don. "Un des points forts de Don c’était qu’il savait utiliser une économie de notes pour générer le sentiment dans n’importe quel style de musique. La simplicité était la beauté et le pouvoir de son jeu. Il avait vraiment étudié le jeu de Richard Tee de très près. Parce que dans les années 70, ils avaient joué sur beaucoup de disques en commun. Mais cela ne sonnait pas comme une copie. Parce qu’il amenait ses propres éléments. Son tempo était si tranquille. Il adorait Red Garland, Wynton Kelly, Horace Silver et Bill Evans. Tout cela était subtilement diffus dans sa musique. Certains de ses emprunts à Richard Tee se retrouvent dans l’approche qu’il a du morceau Country Road par exemple [sur l’album live de James Taylor 1993]. Mais il y a aussi quelques harmonies de jazz dans son jeu. Le solo qu’il prend à la fin de Don't Let Me Be Lonely Tonight [dans le même album] démontre la manière qu’il a de verser dans le be bop lorsqu’il bosse dans un cadre pop. Une chose que j’ai apprise de Don c’est comment créer un accompagnement rythmique. Et comment créer une dynamique dans la musique qui soit simple et composée de triades. Si vous vous contentez de jouer un groupe de DO-à-Fa, Do-à-Fa-à-Sol, une musique diatonique/triadique ou même quelques accords mineurs 7ème, comment créer un mouvement en avant pour ne pas s’installer dans un accord avant de passer à un autre? De simples choses dans le jeu de Don proviennent de son écoute du jeu de guitare de James. Une chose typique qu’on trouve dans la guitare folk-rock. Si vous jouez un accord de Ré, vous pouvez jouer Mi-Ré-Mi., vous déplacer du troisième au second ou au quatrième. Don s’est mis à appliquer cela au piano."

Don était vraiment un communicateur non-musical, avec ou sans mot. Michael Brecker note que "vous pouviez vous fier à la nuque de Don. Si quelque chose de bizarre se passait dans le tempo de la Rhythm Section, vous pouviez voir sa nuque réagir. En fait, nous avions l’habitude de nous référer à lui en tant que « la Nuque. » Cliff Carter se rappelle que Don avait " des sourcils tellement expressifs. 'Hé, Don, que penses-tu de ça?' Il faisait une petite grimace. Et vous réalisiez que: 'Ok, peut-être que ce n’était pas une aussi bonne idée que ça!' le souvenir de Don le plus persistent pour Peter Erskine c’est : " Lorsqu’il se trouvait dans le studio et que quelques chose se passait au cours de l’enregistrement d’un morceau. Que ce soit quelques chose de bon ou de mauvais. Ou peut-être un léger faux pas de la part d’un musicien. Souvent, de ma part. Et peu importe où il se trouvait dans le studio ou si nous étions séparés par une pièce ou une vitre, je recherchais instinctivement le regard de Don et j’observais ses sourcils pour connaître son avis sur le moment musical en question. Parfois, à cause de la division de la pièce et des vitres placées entre nous, ses sourcils étaient souvent la chose que je pouvais voir de lui!"

"Il n’y aura jamais plus personne comme lui" affirme Randy Brecker. "Son impact allait bien au delà de la musique." "Une des choses qu’il aimait à dire " se souvient Steve Khan: "c’est que lorsque tu possèdes un tempo qui swingue vraiment, tu peux presque tout jouer. C’était une part importante de sa philosophie en tant que musicien. Sentir que son propre jeu était dans un créneau très swinguant. J’ai été tellement gâté par le style d’accompagnement de Don que j’ai eu des problèmes à jouer avec d’autres pianistes. Depuis, j’ai surtout recherché à fonctionner dans un environnement sans piano. C’était un bon ami en plus d’être un incroyable musicien."

Michael Brecker acquiesce. "Personnellement, Don a eu une énorme influence sur moi." Dit-il. "Et ça continue. J’ai emprunté et piqué tellement de lui. Je chérie énormément les années passées en sa compagnie. Je viens d’achever un nouvel album baptisé Two Blocks from the Edge (trad: "à deux pâtés de maisons du bord"!!) qui lui est dédié." pour Cliff Carter: "Don a eu une influence tellement profonde sur ma vie, à tous les niveaux. Cela va bien au-delà de la musique. Lors de son service mémorial, il y eu un moment particulièrement poignant. James Farber a rassemblé une bande des morceaux de Don. Et la dernière chose sur cette bande c’était Hearts and Numbers. C’était juste moi et lui. J’ai été complétement submergé par l'émotion, mec! Je n’étais pas préparé pour ça."


Don "La Nuque" Grolnick


les compositions classiques de Don dans un seul songbook: inclus: Act Natural, Blues For Pop,The Cost Of Living, Five Bars, Four Chords, The Four Sleepers, Genie,
Heart Of Darkness, Hearts And Numbers,His Majesty The Baby, Human Bites, Medianoche,Minsk,Nighttown, One Bird, One Stone, Or Come Fog, Persimmons, Pointing At The Moon, Rainsville, Regrets, Rojo y Negro, Spot That Man (I Fall In Mud Too Easily), Taglioni, Talking To Myself, Uncle Bob, Willie T., What Can A Miracle Do, Pools, Nothing Personal, Dogs In The Wine Shop.


"Ses morceaux possède l’élégance simple d’un poème haïku" dit Peter Erskine: "Au premier coup d’œil, on les croit simples, mais après un examen approfondi, ils se révèlent riches avec rempli de sens. Et ils sont capables d’émouvoir et d’évoquer une image ou un souvenir à chacune des leurs écoutes. Les instincts musicaux de Don se révélaient toujours justes. Et il se montrait lui-même un homme et un musicien d’un magnétisme incroyable et d’une capacité et d’un goût incomparables. Sûr qu’il va me manquer."



Point de vue d’un bassiste: "Il y a trois personnes: Oscar Peterson, Richard Tee et Don Grolnick !" déclare Will Lee. "Cela a à voir avec le sentiment venant de l’intérieur de l’instrument. J’avais l’impression que Don se trouvait à l’intérieur du piano. Il représentait la vérité. Nous le regardions pour trouver la vérité. J’avais l’habitude de l’appeler Juge Grolnick. Le fait qu’il soit décédé est la chose la plus triste au monde. Quel personnage.Un sacré type. J’ai eu de la chance de vivre à la même époque que lui."

C’était la renommée de Don en tant que musicien de studio qui me conduisit à l’appeler un jour lorsque je m’installai de nouveau à New York après mes années de route avec Stan Getz dans les début des années 80. Je désirais améliorer ma lecture à vue des partitions. Et qui appeler de mieux pour un coup de main que Don Grolnick? Don et moi nous eûmes une conversation téléphonique des plus amicales. Mais ma requête pour des leçons eut droit à une remarque ironique sur les doutes qu’il avait de ses propres capacités à lire à vue, une remarque typique de son humour auto-apitoiement. Je décidais finalement d’étudier avec le pianiste de concert John Ranck.

Quelques années plus tard, Steve Kahn m’appela pour me demander de l’aider à déchiffrer quelques bandes que Chick Corea avait joué sur l’album de Cal Tjader Soulburst. Il se révéla que Soulburst était l’enregistrement que Steve avait joué à Don qui tomba amoureux de la musique latine. Ce qui conduisit à son enregistrement final en tant que leader, Medianoche. "Lorsqu’il décida d’explorer le style Latin-jazz" me dit Steve "la majeure partie de son inspiration vient de ce disque que je l’ai forcé à écouter. Le fait d’écouter Soulburst lui a rappelé le pianiste acoustique d’enfer qu’est Chick Corea."

Ouvert à tous les styles, ouvert au changement — ce sont là les qualités d’un artiste de haut niveau. "Au cours de notre vie commune" me confie Jeanne O'Connor: "Il avait toujours ce genre d’idée juvénile qu’il pourrait changer de vie et faire quelque chose de vraiment différent. C’est quelque chose de génial d’être marié avec quelqu’un comme ça. Il avait des solutions différentes pour chaque chose. Musicalement et personnellement. J’aimais vraiment ça."

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2 morceaux à télécharger du
THE DON GROLNICK QUINTET


Northsea Jazz Festival The Hague, Netherlands 1991

What is this thing called love
[url]http://www.septembergrass.net/media/grolnick1991_thing_called_love.mp3

Blues for Les[/url]
http://www.septembergrass.net/media/grolnick1991_blues_for_les.mp3


Personnel:

Don Grolnick - Piano
Joe Henderson - Tenor Sax
Randy Brecker -Trumpet
Eddie Gomez - Bass
Victor Lewis - Drums




une compostion de Don Grolnick devenue un standard


[scroll][b]



Dernière édition par le Sam 03 Mar 2007, 11:47 am, édité 2 fois


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SOMEONE TO LAY DOWN BESIDE ME

(avec: Linda Ronstadt, Don Grolnick, Waddy Watchel, Rick Marotta, Kenny Edwards, Dan Dugmore à Atlanta 1977)

http://www.wadhoo.com/30959/otros/new/Someone%20To%20Lay%20down%20Beside%20Me.wmv



LE PIANO SOLO DE DON !!!

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