CAJT-Collectif des Amis de James Taylor
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COMMENT JAMES TAYLOR A RÉALISÉ 'SWEET BABY JAMES'

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COMMENT JAMES TAYLOR A RÉALISÉ 'SWEET BABY JAMES'



Après le flop de son premier album, Taylor a dépouillé et défini le son d’une époque

par David Browne pour Rolling Stone 16 avril 2013


En 1970, un pays encore sous le choc du Vietnam, des assassinats de JKF et MLK et des meurtres de Charles Manson était prêt pour quelque chose de calme et d’introspectif. Dans ce vide apparut le deuxième album James Taylor, Sweet Baby James, l'un des monuments du mouvement naissant des singers-songwriters.


Sorti en Mars de cette année, il comprenait une des chansons-signatures de Taylor "Fire and Rain", et cette chanson ainsi que l'album atteignirent le Top 5 en fin d'année; au début de 1971, Taylor atterrit même sur la couverture du Time Magazine comme l'incarnation du "New Rock - Bittersweet et Low." (le nouveau rock doux-amer et dépressif)
Mais lorsque l'album fut enregistré, une grande question surgit: Taylor était-il lui-même prêt? Quelques mois avant, l’artiste – alors âgé d’à peine 21ans, élevé en Caroline du nord et en Nouvelle-Angleterre et avec une histoire de dépressions mentales et de toxicomanie – s’était cassé plusieurs os dans un accident de moto près de son domicile sur l’île de Martha Vineyard. Il venait également de sortir d’Austin Riggs, un hôpital psychiatrique dans le Massachusetts. "C’était un brillant musiciens quelque peu excentrique, proche du génie, et il était clairement une de ces personnes qui pensaient parfois un peu trop pour son propre bien", se rappelle son manager et producteur Peter Asher.

Il s’avéra, cependant, que Taylor était plus que prêt. À l'automne 1969, il avait déménagé à Los Angeles et répété là-bas dans le salon de la maison d’Asher, avec un petit groupe qui comprenait Carole King au piano. Il avait écrit un lot de nouveau matériel qui comprenait "Fire and Rain», qui relate ses propres luttes et le suicide d'une amie, de même qu’une ode sombre et sautillante à ses troubles, "Sunny Skies" et une parodie de blues de blanc, "Steamroller", qui affichaient son sens de l'humour narquois. Au cours des répétitions, le batteur Russ Kunkel utilisa des balais au lieu des baguettes sur "Fire and Rain" afin de ne pas jouer trop fort, et la partie est devenue un moment-signature dans la chanson.

En Décembre 1969, les musiciens - avec un groupe de bassistes en rotation, qui comprenait Randy Meisner, membres plus tard, des Eagles - enregistrèrent les chansons en trois jours, parfois trois chansons par jour, pour la modique somme de 7600 dollars. «Le matériel était tout prêt quand nous sommes allés à l’enregistrer, et nous l’avons cloué très vite." déclare Taylor. «Nous étions à Los Angeles dans un studio d'enregistrement professionnel en train e faire le travail professionnel. Ça s’est vraiment très bien passé et nous sommes allés vite. Je n’avais aucune idée si c’était bon ou non."
Le premier album de Taylor, James Taylor de 1968, avait été surproduit, et lui et Asher avaient appris de leurs erreurs (cet album, sorti sur le label d'Apple des Beatles, fut un flop). Comme entendu sur "Country Road" et "Blossom", deux chansons qui sont devenues une partie du répertoire en concert de Taylor, le nouveau disque était centré autour de la voix non menaçante de Taylor et des  parties de guitare acoustiques étonnamment complexes, avec un accompagnement dépouillé et sympathique.

Le guitariste Danny Kortchmar, un vieil ami de Taylor qui a joué sur l'album, se rappelle qu'ils avaient essayé d’enregistrer une version plus électrique de "Fire and Rain" près d'un an avant et avaient appris à la dure que cette approche n’était pas la bonne. «Nous jouions comme un groupe de rock", déclare Kortchmar. "Peter compris après cette version qu'il devait revoir l’arrangement à la baisse. Cette version plus ample diminuait la puissance de la chanson. Lorsque Peter a tout enlevé, la chanson a pris la vie."

À la fin, ils n’avaient que neuf chansons et avaient besoin d'une de plus pour finir l'album - puis recueillir l'avance de 20 000 dollars du nouveau label de Taylor, Warner Brothers.

Taylor cousit ensemble les parties de trois chansons inachevées, en nommant le tout "Suite pour 20G" (suite pour 20 000 dollars) en l'honneur de l'argent qu'ils recueilleraient lorsque l'album serait retourné.

A sa sortie, Sweet Baby James - nommé d'après sa chanson-titre, une berceuse pour un neveu de Taylor, également nommé James - reçut des critiques positives et se vendit modestement. Ce n’est que lorsque "Fire and Rain" sortit en tant que single cet automne-là que l'album décolla, et Taylor devint la figure emblématique originale pour un nouveau son plus doux avec une nouvelle sensibilité, post- année soixante pour correspondre. Les récits de Taylor de trouble intérieur - et son désir de se retirer sur cette route de campagne - ont parlé à une génération qui, en 1970, se sentait battue par le tumulte et les promesses non tenues de la décennie précédente.

«C’est une de ces choses où quelqu'un écrit des chansons très personnelles sur sa propre expérience, et ce qu'il ressent à propos de cette expérience s’avère être quelque chose partagée par de nombreuses personnes», déclare Peter Asher. "N’importe qui écoutait ces paroles et entendait sa propre vie à l’intérieur."


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Some things never change and some things we don't ever want to change. Thankfully, James Taylor hasn't.
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