CAJT-Collectif des Amis de James Taylor
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Le retour de Sweet Daddy James - HITMUSEMAG interview

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James Taylor : Le retour de Sweet Daddy James
Par Alain Gouvrion


James Taylor, le folk-rocker tourmenté des 70's, a depuis longtemps vaincu ses vieux démons. Mais sa musique n'a rien perdu de son élégance et de sa magie. A l'occasion de la sortie de son album « Covers », retour vers le futur d'une interview rare de Sweet Daddy James réalisée en 1997 pour le magazine Encore.



SUMMERTIME BLUES que JT reprend dans son nouvel album faisait déjà partie de sa setlist de concert dans les années 70.
Ici en final du Blossom Concert de 1979


(musiciens: Danny Kortchmar et Waddy Wachtel: guitares - Lee Sklar: Basse - Don Grolnick: Claviers - Russ Kunkel Batterie - David Sanborn: Saxophone - Arnols Mcculler & David Lasley : Choeurs)



De "You've Got A Friend" à "Handy Man" en passant par "(How Sweet It Is) To Be Loved By You" ou "Up On The Roof", les reprises ont souvent porté chance à James Taylor. Bonne nouvelle, le folk-rocker "introspectif" nous revient justement ces jours-ci avec un album d'une coolitude absolue, Covers, au fil duquel il revisite impeccablement, sur des rythmiques affûtées, une poignée de standards comme Roadrunner, Hound Dog, On Broadway, Suzanne, Not Fade Away ou Summertime Blues. Il y a une dizaine d'année, j'avais eu le privilège de rencontrer Taylor dans un palace parisien, à l'occasion de la sortie de l'album "Hourglass". Un moment rare, d'autant que notre homme s'était montré d'entrée à la hauteur de sa réputation de parfait gentleman, insistant pour vous servir lui-même un rafraîchissement avant d'entamer l'entretien en français… d'où quelques curiosités syntaxiques. Flash-back. Alain GOUVRION

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En marge de vos propres compositions, vous avez toujours eu un faible pour les chansons des autres. Dans "Hourglass", par exemple,
vous reprenez "Walking My Baby Back Home", un titre des années 30.


"Oui, c'est une chouette vieille chanson. Mon frère Livingston et moi, nous l'aimons beaucoup et c'est lui qui m'a convaincu de l'enregistrer pour ce disque."

Figurait-elle dans la collection de disques de votre père, le Dr Isaac Taylor, qui adorait la musique de Broadway?

"Non, pas celle-là, curieusement. C'est un titre qu'a popularisé Nat King Cole. C'est ainsi que je m'en souviens, du moins…"

Dans vos jeunes années, le blues a exercé une grande influence sur vous. Grâce à votre frère Alex, d'ailleurs…

"Oui."

Si l'on met de côté vos "vrais" blues tels que "Steamroller", pensez-vous que votre contribution à la rock music est justement d'avoir introduit ce point de vue très bluesy dans vos textes: ce que
les critiques qualifièrent à l'époque de "rock instrospectif"?


"Je pense que ma musique a certainement produit le même effet que le blues, oui, mais autant que les chansons traditionnelles irlandaises. Je suis très influencé par le blues, comme par beaucoup d'autres choses. Mais je n'essayais pas alors de faire un nouveau genre de blues, juste d'en partager un certain héritage. Quelque chose qui vous aide à vous sortir d'une situation douloureuse, comme d'autres chansons le font souvent."

Cette approche introspective était assez nouvelle au tournant des 70's…

"Oui, mais moi, j'avais l'impression que ce que je faisais, c'était comme les Beatles, Simon & Garfunkel, Tom Rush ou les autres musiciens que j'avais écouté. Cela ne me semblait pas très neuf. Mais je crois que cela avait sa place, une "niche".

Vous et des artistes comme Joni Mitchell avez influencé de nombreux musiciens…

"Peut-être. Mais nous avons eu nous mêmes nos influences, nos sources. La musique est quelque chose qui passe par nous et qui continue avec les autres. Nous n'en étions pas le début: Marvin Gaye, Ray Charles, la Soul Music, Leadbelly, Woody Guthrie, Robert Johnson, nous avions écouté tout ça et nous en avons juste fait une autre version. Et puis, à leur tour, d'autres (musiciens - ndlr) entendent ça et continuent. Nous n'étions pas vraiment les instigateurs… "

Au début des années 70, vous avez déclaré : "It' is a very strange to make a living with yourself" ("c'est vraiment étrange de faire de vous même un gagne-pain"). Est-ce toujours vrai aujourd'hui?

"Moins qu'à cette époque. Maintenant, j'y suis habitué. Mais c'est étrange, oui. C'est étrange de toujours se mettre en avant, de s'exposer, de se vendre peut-être."

N'avez-vous pas le sentiment que les journalistes s'intéressent parfois plus à vos vieux démons qu'à votre dernier disque? N'est-ce pas fatiguant de devoir perpétuellement se justifier?

"Non, c'est okay. Les gens savent que j'ai pris des drogues. Et ils devraient aussi savoir que je n'en prends plus. Je ne pense pas que j'ai eu le choix. Cela devait arriver de la façon dont c'est arrivé. Mais je suis très chanceux de m'en être sorti vivant. Je peux comprendre que les gens veulent que je parle de ça. Vous avez raison, c'est une chose assez étrange que de toujours devoir justifier sa vie. Le fait d'avoir eu des difficultés émotionnelles quand j'étais enfant (j'ai été hospitalisé deux fois dans des
institutions psychiatriques), les abus de drogues et mon mariage avec Carly Simon, tout ça à l'air d'être un truc sensationnel dont les gens veulent parler avec moi. Alors que, vraiment, la seule chose qui compte est la musique."

Certains rêveraient de vous voir condamner votre période junkie, cette bonne vieille histoire de rédemption...

"Oui. Mais en réalité, c'est plus compliqué que ça. Vraiment. J'ai pris des drogues, parce qu'elles elles fonctionnaient bien pour moi au début. C'était connecté à quelque chose de très spirituel. Dans un sens, elles m'ont sauvé la vie, à un moment. Mais je suis aussi béni de ne pas en être mort aussi. Je ne devrais pas être ici à vous parler. Parce que, c'est vrai, il y a eu trois ou quatre fois où j'aurais dû mourir.".

Le fait de se considérer comme un survivant donne-t-il plus de prix à chaque instant de la vie?

"Je pense que c'est ça, que c'est très juste. J'essaye désormais de considérer chaque jour comme un cadeau. Quand vous y pensez, c'est déjà un miracle d'arriver dans ce monde sous la forme d'êtres humains. Il nous faut vraiment l'accepter. J'essaye d'avoir ce point de vue…

Le magazine Rolling Stone a dressé la liste des 200 meilleurs albums jamais enregistrés et "Sweet Baby James" en faisait partie. Est-ce aussi l'un de vos préférés?

" J'en suis flatté. J'aime beaucoup cet album. J'en aime les chansons
et je pense qu'il m'est venu facilement, qu'il a vieilli de façon très
agréable. Il y en a deux ou trois autres qui, je crois, sont très forts
comme "Gorilla" par exemple. J'aime aussi tendrement mes récents
disques les plus récents. Parce qu'ils sont frais, pour moi. Mais c'est
vrai que "Sweet Baby James" est un grand album et je suis très heureux de ce choix."

Vous avez été le premier artiste signé sur Apple, le label des Beatles en 1968. Pensez-vous qu'un groupe serait assez fou de nos jours pour créer sa propre maison de disques?

"Apple Records a vécu peut-être un an ou deux ans. Allen Klein l'a complètement ruiné. Il est venu, il a vu, il était le pire choix, il était l'ennemi ultime. Moins d'un an après avoir signé avec eux, j'ai dû partir. Mais Apple fut pour moi une toute petite fenêtre. J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir entrer dans (ce qui allait devenir - ndlr) ma vie par cette fenêtre…

Et rétrospectivement, ce premier album sonne plutôt bien, non?

"Ouais, c'est un disque marrant. Une petite chose qui fut très importante pour moi, pas un très grand disque, mais... C'était le reflet d'un instant, aussi."

Vous gardez de bons souvenirs de cette période?

"Oui, oui, très. C'était très, très excitant. C'était une époque fabuleuse: 1968, à Londres!"

Dans l'album "That's Why I'm Here", il y avait ce couplet sur "les gens qui voulaient toujours vous entendre jouer "Fire & Rain". Quel effet
cela vous fait-il d'être "in the jukebox" pour toujours, Mister?


(Rires) "Il y a un élément bizarre qui fait que les gens veulent que vous vous répétiez. Si vous trouvez quelque chose qui fonctionne, ils veulent l'entendre encore et encore. Dans mes concerts, il y a toujours une large place pour les chansons favorites... ou les plus connues, disons. De temps en temps, il m'est plus difficile de chanter l'une ou l'autre de ces chansons. Mais je peux renouer avec elles, les mettre de côté quelques années, et puis les rencontrer à nouveau…"

Certaines de ces oldies ne vous lassent elles pas, à la longue?

"Non, pas vraiment. Mais il y a quelques chansons que je voudrais jouer moins souvent."

"You've Got A Friend"?

"Oui. Ou "Fire & Rain", "Country Road", "Carolina On My Mind"… non, je suis toujours heureux de jouer "Carolina On My Mind". En fait, je suis assez heureux de les jouer toutes. A l'exception peut-être de "Steamroller". Mais les gens veulent définitivement l'entendre. Et finalement ça me fait plaisir que les gens aient envie de l'entendre… (sourire)

Peut-être devriez-vous écrire un autre blues, "Steamroller 2: la revanche"?

"That's right!" (rires)

Votre combat pour l'écologie via les concerts "Rain Forest" avec votre ami Sting est-il pour vous une suite logique de votre engagements au "No Nukes Concert" contre le nucléaire en 79 avec Bruce Springsteen, Jackson Browne, Carly Simon et tous les autres?

Oui je pense que ça l'est. Je fais partie d'un groupe écologiste qui s'appelle
N.R.D.C., en français le "Conseil des Ressources Naturelles". Je travaille quotidiennement avec eux depuis une dizaine d'années. Je fais beaucoup de Benefit concerts et c'est l'une des causes pour lesquelles je le fais avec plaisir. Pour moi, oui, c'est une suite logique."


Alain
GOUVRION


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Some things never change and some things we don't ever want to change. Thankfully, James Taylor hasn't.
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