CAJT-Collectif des Amis de James Taylor
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Emmylou Harris pour la première fois à Montréal

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Tous épris d'Emmylou





« C’est ça Emmylou Harris, la preuve faite femme qu’on peut porter en soi tout un siècle de musique de racines, et même un océan de tristesse, sans peser lourd. »

Sylvain Cormier
Édition du samedi 17 et du dimanche 18 octobre 2009

Mara Tremblay frémit, Catherine Durand trépigne. Tous, on se pince. On réécoute Wrecking Ball et Blue Kentucky Girl et on se dit que, cette fois, ça y est, elle sera dimanche pour la première fois à Montréal en tête d'affiche de son propre spectacle. Emmylou Harris. La Renée Martel des Américains, celle par qui le country traditionnel se perpétue et se renouvelle depuis trois décennies et demie. La belle, la grande Emmylou, chez nous! De Michel Rivard à Émilie Proulx, la famille country-folk-rock québécoise est en émoi. Témoignages.

En 1978, aller voir The Last Waltz avec mon copain Alain au cinéma York, tout là-bas sur la Catherine Ouest, était une expédition pour l'ado pas sorteux de Montréal-Nord que j'étais. Expérience doublement inoubliable: dans ce film du concert d'adieu du groupe The Band, farci d'invités exceptionnels, je découvrais en même temps Van Morrison, Joni Mitchell, Muddy Waters et autres Paul Butterfield, légendes encore très vivantes de l'histoire du rock, dont je ne connaissais alors que les noms et les réputations. Il y avait aussi cette inconnue troublante et belle à la voix d'ange en peine, jeune femme à la chevelure lisse, véritable princesse folk-rock. Une certaine Emmylou Harris.

Je nous revois, Alain et moi, le lendemain au sous-sol, autour du tourne-disque. Amoureux. D'elle. De sa voix. Oh! La voix d'Emmylou! D'où sortait donc cette enchanteresse? On avait retrouvé sa trace sur des albums de ma (naissante) collection. Oui! C'était bien elle qui chantait "I Can't Help It If I'm Still in Love With You" de Hank Williams avec ma Linda Ronstadt chérie sur son disque Heart Like a Wheel. Oui! C'était bien elle qui ensorcelait tout l'album Desire de Dylan. Qu'avait-elle enregistré d'autre, et avec qui? J'avais du rattrapage à faire.

D'autres amateurs québécois de musique américaine ne m'avaient pas attendu. La génération d'avant était déjà entichée. Surtout les musiciens, à commencer par Michel Rivard. «J'ai d'abord découvert Emmylou Harris comme choriste de Bob Dylan sur Desire et de Gram Parsons sur Grievous Angel, deux albums classiques que sa présence a illuminés. Un premier coup de coeur qui s'est rapidement transformé en coup de foudre quand je l'ai vue en première partie de James Taylor à la place des Nations, un soir de pleine lune de l'été 1976, entouré de mes amis de Beau Dommage, d'Octobre, des Séguin et d'Harmonium... piqûre définitive du "country" de qualité en général et de la dame en particulier.» Futur guitariste et maître en pedal steel de Rivard et tant d'autres, Rick Haworth était là, lui aussi. «C'était au temps de l'album Elite Hotel; j'étais déjà fan fini. C'était son fameux Hot Band qui l'accompagnait, avec James Burton, Glenn D. Hardin [alors musiciens d'Elvis], Rodney Crowell, etc. C'était la première fois que je voyais un musicien jouer du pedal steel devant moi; c'est quand même assez important dans ma vie...»

À chaque génération son Emmylou

Certains prendront le train en marche, ma douce aimée notamment, quand Emmylou, Linda Ronstadt et Dolly Parton broderont la fine dentelle de l'album country-folk-pop Trio, en 1987 (exquise "To Know Him Is to Love Him"...). Pour d'autres encore, affaire de génération toujours, c'est au milieu des années 90, au moment où Emmylou Harris a créé avec le réalisateur-vedette Daniel Lanois une sorte de country-folk alternatif en mêlant tendres mélodies et rugosités quasi grunge dans le son, que la révélation a eu lieu. «J'ai découvert Emmylou avec son album Wrecking Ball, se souvient Catherine Durand. Dès les premières notes, j'ai été complètement transportée.» Pareil choc pour Vincent Vallières: «Emmylou, c'est le deuxième nom de ma fille Marie. J'ai découvert le nom en même temps que la musique d'Emmylou. Tombé en amour avec les deux du même coup. Je commençais à faire de la tournée quand mon batteur Simon Blouin est arrivé dans le camion avec Wrecking Ball. "Where Will I Be", la première chanson, m'a tout de suite jeté sur le cul. Je l'écoute encore aujourd'hui fort dans mon char, avec les mêmes frissons.»

Mara Tremblay rejoint Catherine, Vincent et les autres à l'album suivant, Red Dirt Girl, en 2000. «Ça m'a bercée pendant des années. Magnifique de toutes parts. J'ai par après été me chercher Blue Kentucky Girl [la réédition chez Rhino de l'album-clé de 1979], qui vient nouer sa musique avec les fibres de mon enfance. Des larmes de sincérité coulent de ses chansons où les harmonies vocales transpercent mon coeur de musicienne à chaque écoute.»

Chacun ses points d'ancrage, chacun ses albums-fétiches. Mais tous parlent avec la même passion de la voix d'Emmylou. «La voix qu'on reconnaît entre mille, dit Vallières. Celle qui me parle et me comprend. Qui tue ma solitude.» Écho de Catherine Durand: «La voix d'Emmylou... Profonde, douce et intense à la fois, un timbre reconnaissable entre mille.» Porte-parle de sa génération à elle (une de plus!), Émilie Proulx renchérit: «Les mots manquent pour décrire l'effet de la voix d'Emmylou. Une voix pleine d'âme qui fait se dresser le poil sur les bras et qui hante définitivement.» Rivard, jamais à court d'expressions parlantes, offre cette précision: «En plus du goût infaillible dans le choix du répertoire, des musiciens, des réalisateurs, la dame a dans la voix la "tristesse primordiale", le "spleen essentiel" de la grande chanson country.»

Gilles Valiquette, fan de la première heure, résume: «Emmylou Harris a su évoquer la noblesse de la musique country à un moment où le country était considéré comme un courant populaire de deuxième classe. Pour ce faire, elle a choisi une approche basée essentiellement sur l'intégrité de la forme pour ainsi donner libre cours à l'émotion. Cela dit, à partir du moment où la musique country est devenue "in", elle n'a pas hésité à tenter d'en élargir le cadre. Elle est tout simplement inspirante.»

Tous, évidemment, seront au Saint-Denis ce dimanche. Un spectacle complet d'Emmylou, enfin. Invitée spéciale de Daniel Lanois au FIJM de 2006, c'était déjà la félicité, mais là, c'est deux heures avec elle au paradis. Avec en supplément de programme non négligeable l'immense guitariste Buddy Miller. «Le plaisir et le frisson», anticipe Rivard. «Un honneur», déclare Catherine Durand solennellement. Plus qu'un passage attendu, comprend-on. Rien de moins qu'une réunion de famille musicale. Et la plus douce des communions.

***

EMMYLOU HARRIS and her RED DIRT BOYS


Invité exceptionnel: Buddy Miller

Dimanche 18 octobre au Saint-Denis, à 19h30


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2 compte rendu de Sylvain Cormier le Lun 19 Oct 2009, 8:45 am

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Emmylou Harris au Saint-Denis - La communion country

La chanteuse country Emmylou Harris, soutenue par Buddy Miller, hier au Théâtre Saint-Denis - Compte Rendu

Le tout-Montréal des fadas d'Americana est là, plus qu'énervé, extatique en entrant au Saint-Denis. C'est le soir d'Emmylou Harris. Enfin Emmylou. Toute une vie qu'on attend ça: son show à elle. Deux fois invitée spéciale en trois décennies et demie (par James Taylor en 1976, Daniel Lanois au FIJM en 2006), ce n'est pas beaucoup d'Emmylou à Montréal pour qui a tous les disques d'Emmylou, c'est-à-dire nous. Que nous chantera-t-elle? Elle a le choix: 25 albums de chansons, toutes belles puisque c'est elle. Puisque c'est sa voix. La plus belle voix déchirante de tristesse de la musique country-folk-rock.

Avant elle, comme on si on avait besoin de plus, il y a plus: Buddy. Son buddy Buddy. Buddy Miller, qui s'amène à la bonne franquette, façon «as quick and painless as possible», comme il dit. Je sais que dans son siège, Rick Haworth se cale, et sourit de son large sourire. Ceux qui savent salivent: Buddy Miller est un formidable singer-songwriter, et un guitariste immense: sa voix remplit la place, ses licks sont pur délice. «Buddy Miller is God!», s'exclamera Rick à l'entracte. Tellement formidable qu'Emmylou, sans faire de chichi, est venue faire la choriste pour deux titres et c'est quand même lui qu'on a ovationné.

Mais quand c'est son tour à elle, avec Buddy et les autres Red Dirt Boys autour, on accuse le coup. Cette chevelure d'argent toute bouffante, ce visage si finement ciselé, sa grosse guitare acoustique, ses bottes de cowgirl, c'est bien elle. Emmylou! Et elle chante et cent ans de country chantent avec elle. Tôt arrive le salut à l'ange tombé, Gram Parsons le complice des années cruciales: Return Of The Grievous Angel. De là, elle revisite ses albums des années 70, One Of These Days d'Elite Hotel, Making Believe de Luxury Liner, au temps fameux de son Hot Band. Red Dirt Girl la ramène à l'an 2000 et à sa période post-Wrecking Ball (l'album avec Daniel Lanois, essentiel, dont elle ne donnera rien, légère déception).

C'est quand même l'enchantement tout le temps. La grande communion country. Les Red Dirt Boys sont évidemment compagnons d'élite, capables d'orthodoxie country (reprise des Louvin Brothers, de Jimmie Rodgers) comme de détroussages hors-la-loi, resquillant du Willie Nelson (Even Cowgirls Get The Blues) et des ballades pop avec la même dégaine leste. Ah! Les ballades tristes chères à Emmylou! Elle sert d'abord Love Hurts, duo des Everly Brothers qu'elle avait réédité avec Gram Parsons, tout aussi tuant avec Buddy. Je pense à Mara Tremblay, présente aussi, qui la chante d'habitude avec Monsieur Mono (en français: L'Amour fait mal). Oh! Les minutes intenses! Il y a Save The Last Dance For Me, celle des Drifters, version sudiste, à pleurer de beauté aussi.

C'est tout? Non. Cadeau pour elle comme pour nous, voilà qu'Emmylou invite ses amies locales, Anna et Kate McGarrigle, et elles chantent à trois un triplé de chansons précisément écrites à trois au pays des «black flies». Nous étions déjà comblés, voilà Emmylou contente itou. Qui sourit. Et nous faiblissons du genou. Et voilà que je dois partir pour écrire ça. Damn. Sont-elles revenues à la fin, les copines? Vous me raconterez. L'amour, décidément, fait mal. Dieu merci.


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Je ne sais pas si le show était bon, mais Cormier a l'air tellement convaincu, un fan fini comme dirait Rick Haworth, et ses phrases sont ciselées de telle façon qu'on a l'impression d'avoir manqué un cristi de bon show.

Moi je suis tombé amoureux d'Emmylou en 78 pendant un voyage de 2 mois en Europe avec ma blonde (elle l'est encore!), je crois me rappeler que j'étais à ce moment en Neymigen en Hollande. Faut croire qu'elle m'avait happé pour que je m'en rappelle 31 ans plus tard. Quel belle fille avec sa voix hyper-sensuelle!!!

Ça remue!

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Bigo propose un concert d'Emmylou Harris et Buddy Miller capté le 31 octobre 2000 à Baden-Baden (Allemagne) - très bonne prise de son (soundboard)




1. The Pearl
2. I Don’t Want To Talk About It Now
3. Ain’t Living Long With This
4. Raise The Dead
5. Red Dirt Girl
6. Love Hurts
7. Hour Of Gold
8. Deeper Well
9. Michelangelo
10. Boy From Tupelo
11. Wheels
12. Born To Run
13. Hickory Wind


Lineup:

Emmylou Harris - guitar, vocals
Buddy Miller - guitar, vocals
Darryl Johnson - bass, guitar
Brian Blade - drums


http://www.bigozine2.com/archive/ARrarities09/ARehbmbaden.html


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